| Notre édito |
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En France, l’égalité est une valeur partagée par tous. Personne ne remet en question le principe selon lequel chaque citoyen doit être traité de manière égale. Aujourd’hui, la question fondamentale est de savoir comment réaliser au mieux l’égalité?
De nombreuses initiatives ont été menées, par des entreprises, par des associations, par des personnalités, par le pouvoir politique –même si les nominations procèdent encore le plus souvent du fait du prince -. La recherche s’est affinée sur ces sujets. Néanmoins, il reste difficile de sortir des diverses formes d’assignation (à un territoire, à une représentation collective, à une condition sociale). Et il reste impossible d’évaluer les progrès réalisés en matière de diversité, notamment dans le domaine du recrutement et de la progression dans l’emploi. Malgré l’intérêt que la question a soulevé, nous avons assisté ces dernières années à une régression du débat. Une conception défensive de la République a conduit à écarter le débat de société qui aurait du avoir lieu, pour susciter l’adhésion des Français à une vision renouvelée du vivre ensemble. Les points de vue se sont crispés d’une manière caricaturale autour d’un axe du bien (l’égalité républicaine) et d’un axe du mal (le communautarisme, la discrimination positive, les statistiques ethniques). La polémique a pris le pas sur les exigences de résultat. Nous pensons donc utile de nous attarder sur les définitions et les fondements philosophiques de l’égalité. Lorsque l’on aborde la question de l’égalité entre les citoyens, parlons-nous d’une égalité de traitement qui peut être considérée comme une conception minimale de l’égalité, celle que John Rawls décrit comme une égalité de chances « qui permet de laisser derrière soi les moins fortunés pour préserver son influence et une position sociale pour soi-même»? Ou parlons-nous de l’égalité des opportunités? Celle qui comme le souligne John Rawls, est comprise comme « la chance égale accordée à tous de progresser socialement et économiquement » ? Une égalité des chances est le droit pour chacun de développer ses propres talents, de devenir ce qu’il peut être et de posséder ce qu’il est en mesure de d’acquérir. C’est cette conception de l’égalité sur laquelle il convient de travailler aujourd’hui. Nos sociétés, devenues multiculturelles et hétérogènes, ne peuvent échapper à une réflexion approfondie sur les politiques actives, ciblées, qui peuvent être à même de compenser les barrières sociales auxquels nous pouvons êtres confrontés en raison de notre origine sociale ou raciale. Loin des formes d’assistanat passées, de telles politiques exigent également une forme de responsabilité des personnes. Il ne s’agit donc ni de quotas ni de discrimination à l’envers. Il s’agit de lutter le plus efficacement possible contre toutes les formes d’assignation, néfastes pour la société toute entière, et d’ouvrir aux individus des opportunités d’accès à l’emploi, à l’éducation, à la culture ou aux responsabilités politiques, en fonction du potentiel et des talents qui existent dans toutes les composantes de notre société. Nous souhaitons contribuer à la réflexion et à la production d’idées qui peuvent aider nos décideurs à bâtir des politiques inclusives concrètes. |