3 préjugés sans fondement sur la bisexualité

La bisexualité est une orientation sexuelle qui s’intéresse à la fois aux hommes et aux femmes. Pour certaines personnes, cela peut ressembler à un superpouvoir – une double option romantique signifie une double chance, non ? Mais en réalité, la bisexualité peut être considérée comme une identité quelque peu embarrassante.

Les bisexuels ne sont pas hétérosexuels, il est donc difficile de penser qu’ils sont majoritaires en termes de sexualité. D’autre part, ils sont souvent considérés comme hétérosexuels, surtout lorsqu’ils ont des partenaires hétérosexuels, ce qui fait qu’il leur est parfois difficile de sentir leur lien avec les groupes LGBT. Plus important encore, les bisexuels sont sujets à de graves malentendus. Il y a beaucoup de rumeurs et de stéréotypes autour de la bisexualité, dont certains se contredisent même. Tant les hétérosexuels que les LGBT peuvent avoir ces stéréotypes, ce qui rend plus difficile l’intégration des bisexuels dans ces deux groupes. Heureusement, ces dernières années, de plus en plus de chercheurs se sont intéressés à la bisexualité, et la recherche a amélioré notre compréhension de la bisexualité. Voici trois exemples de la manière dont la science peut combattre les idées fausses sur la bisexualité.

La bisexualité n’existe pas

Comment peut-on dire à un groupe de personnes qu’elles n’existent pas ? Mais l’idée que tout le monde est soit hétérosexuel soit homosexuel est très répandue, surtout chez les hommes. Il est frustrant de constater que même dans les cercles LGBT les plus tolérants, on entend parfois dire que “les hommes bisexuels n’existent pas du tout”. Dans une étude récente, des chercheurs ont complètement démenti ce mythe. Ils ont réuni des hommes hétérosexuels, homosexuels et bisexuels pour leur montrer un certain nombre de films pornographiques. Les sujets ont été invités non seulement à évaluer leurs sentiments subjectifs suscités par les fragments, mais aussi à brancher des appareils physiologiques pour mesurer les changements de leur circonférence pénienne (c’est-à-dire l’excitation sexuelle).

Comme prévu, lorsque les hommes hétérosexuels regardaient des films interprétés par des femmes, leurs sentiments subjectifs et leur excitation sexuelle étaient significativement plus élevés que ceux des hommes qui regardaient des films interprétés par des hommes. L’inverse était vrai pour les hommes homosexuels. Cependant, la mesure dans laquelle les hommes bisexuels sont excités par des images masculines et féminines est relativement proche. Ils étaient également plus excités par les vidéos bisexuelles – vidéos mettant en scène deux hommes et une femme – que les deux autres groupes. Il est important de noter que ces différences se reflètent à la fois dans l’excitation qu’ils déclarent eux-mêmes et dans des données assez objectives sur l’excitation sexuelle. Il ressort donc clairement de cette étude que ces personnes ne “font pas semblant” d’être bisexuelles.

La bisexualité n’est qu’une étape

Cette rumeur dépeint la bisexualité comme une phase expérimentale ou un état de confusion – généralement à l’université. Par la suite, les bisexuels détermineront toujours leur “véritable” identité.

Lisa Diamond a réalisé des travaux très complexes sur ce sujet, au cours desquels elle a longtemps observé l’identité sexuelle des femmes. Dans un article, les résultats d’une étude montrent clairement que la bisexualité n’est pas une période de transition : seul un petit nombre de femmes identifiées comme bisexuelles à l’adolescence ont changé leur statut pour devenir hétérosexuelles ou homosexuelles (seulement 8%) à la fin de l’étude. Cependant, l’orientation des femmes bisexuelles évolue toujours dans le temps. Au cours du cycle de recherche de dix ans, leur intérêt pour les deux sexes a évolué.

Les bisexuels ne sont pas fidèles à leurs partenaires

Cette rumeur est probablement la plus vicieuse. Elle vient de l’idée qu’un partenaire ne peut pas satisfaire pleinement une personne qui s’intéresse aux deux sexes. Certaines personnes pensent que, tôt ou tard, elles auront envie de quelqu’un qui n’est pas du même sexe que leur partenaire. Par exemple, les gens ont tendance à croire que les bisexuels sont plus susceptibles de tromper leur partenaire que les hétérosexuels et les homosexuels. Une partie des personnes recherchent leur partenaire sur des sites de rencontres bisexuelles, ces plateformes offrent aux gens plus de chances de trouver des partenaires partageant les mêmes idées.

En fait, de nombreux bisexuels ont une relation personnelle heureuse avec leur partenaire. Pour les bisexuels qui souhaitent avoir plusieurs partenaires sexuels, des études ont montré qu’ils ont tendance à atteindre cet objectif en négociant avec leur partenaire et en établissant une relation ouverte, plutôt qu’en se cachant derrière leur partenaire. Je n’ai pas trouvé de recherches qui soutiennent l’idée que les bisexuels sont moins loyaux ou honnêtes que les personnes ayant d’autres orientations sexuelles.

Dans l’ensemble, la bisexualité, un domaine de recherche petit mais en pleine expansion, a un bel avenir. Il permet non seulement de dissiper un grand nombre de rumeurs et d’idées fausses sur la bisexualité, mais aussi de fournir des informations intéressantes sur l’activité sexuelle en général. Contrairement à d’autres sources telles que la culture populaire ou les médias, la recherche scientifique estime que la bisexualité est une orientation sexuelle relativement stable et durable. Nous recommandons aux gens de trouver des partenaires bisexuels sur des applications ou des sites de rencontre bisexuels fiables. D’autres recherches sont nécessaires pour mieux comprendre les similitudes, et peut-être le caractère unique, de la bisexualité et de l’unisexualité.

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