Tout savoir sur la culture noire

Selon les maîtres de la culture Yoruba, la pluie annonce de bons présages et renforce les événements simultanés aux précipitations. Sous une bruine soudaine dans un São Paulo en pleine crise de l’eau, la consule française Alexandra Loras reçoit chez elle un groupe de jeunes faiseurs d’opinion noirs. L’architecture moderniste de la résidence a accueilli le groupe de 18 personnes. Articulés par Priscila Fonseca, responsable des relations publiques de l’association Palas Athena et activiste sociale, des jeunes de professions et de talents divers, mais ayant en commun des objectifs de vie et de lutte, se sont rencontrés pour partager des expériences, échanger des connaissances et renforcer la lutte collective et quotidienne.

Faire quelque chose pour que la culture noire soit reconnue, parler des grandes personnalités noires que on a mis si longtemps à connaître et montrer ce qui n’est pas dans les livres est quelque chose qui nourrit mon âme. Parmi les différents sujets de conversation, les invités ont entendu Loras s’étonner de la réalité actuelle que vit le Brésil, notamment en ce qui concerne le génocide des jeunes noirs qui se produit dans les banlieues des grandes villes du pays. Un problème sérieux, mais qui est peu discuté par la majorité de la société.

La dimension de la rencontre ne peut se mesurer qu’à long terme, lorsque le temps passe et que l’on constate que la lutte et la résistance de la population noire sont en fait légitimées par une société qui vit de manière plus égale et plus juste. Jeunesse, négritude, projets et rêves. Tout cela a été mis sur la table par des personnes aux personnalités uniques, mais aux idéaux communs. Des jeunes qui se battent quotidiennement et qui étaient réunis dans cet espace de cette grande ville agressive, souvent inégalitaire et raciste. L’évidence n’en est qu’une : tous les rapports et profils prouvent ce que les médias et de nombreux manuels scolaires s’obstinent à cacher : il y a un racisme voilé qui pulse dans notre pays, qu’il faut combattre de toute urgence.

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Sur les vingt jeunes présents, la moitié a été considérée comme “chanceuse” par le cercle. Non pas qu’il ait été facile de naître noir dans une société pensée par les Blancs et pour les Blancs, mais près de dix des membres du groupe portent des noms africains, des références thématiques ou historiques de personnalités noires importantes. De cette façon, il est évident que le berceau faciliterait la vie de lutte, comme l’a dit le communicateur Semayat Oliveira, “les parents vous ont préparé à aller à la guerre, depuis qu’on est petit”. Avec le militantisme imprimé dans leurs noms et dans leurs profils agités par la réalité brésilienne, la présentation de ces personnes a coïncidé dans l’histoire du militantisme familial et peut-être héréditaire. Non moins souffrante, la vie de chacun d’eux a marché pour qu’ils fassent de leurs rêves une plus grande cause.

L’autre moitié, non moins noire, a vécu le moment que l’on peut appeler la découverte. Savoir qu’ils sont noirs et être fiers de leur peau, de leurs cheveux, de leurs yeux, de leur sourire et de leur culture. Les familles qui voulaient “blanchir”, aplatir leurs cheveux et nier leur couleur et leur origine ont été mentionnées à maintes reprises. Cependant, une révélation similaire s’est produite dans toutes leurs vies. Un moment où chacun a su faire ressortir la noirceur qui existait en lui et faire déborder cette noirceur sur le monde. Résister à la maison, montrer à ses amis et enseigner qu’être noir ne se limite pas à la couleur de la peau devenait progressivement un objectif de vie. Après une telle découverte, le militantisme est pratiquement inévitable, car il n’y a pas de retour en arrière possible.

L’équité est le nord pour le développement de la citoyenneté

Dans toutes les régions du Brésil, des initiatives populaires visant à combattre le racisme et les préjugés à l’encontre de la population noire apparaissent comme un moyen de transformer la réalité actuelle. Les années ont passé, l’esclavage a pris fin en théorie, mais dans la pratique, la population d’ascendance africaine reste marginalisée dans toutes les sphères de la société.

La lutte contre le racisme est urgente

Entrepreneurs, médecins, artistes, communicateurs et bien d’autres professions. Dans leur curriculum vitae professionnel, les personnes présentes dans la salle ont toujours été confrontées à la société raciste pour prouver leurs compétences et occuper les espaces physiques et imaginaires, mettant davantage d’histoire et de culture noires dans la vie quotidienne du pays.

Diplômée en journalisme en France, la consule a fait un master sur l’invisibilité des Noirs à la télévision dans son pays. Lors de la réunion, elle a souligné la nécessité de transmettre aux enfants brésiliens cette facette de l’histoire qui passe inaperçue dans l’enseignement traditionnel. Lorsque on a appris que le réfrigérateur avait été inventé par un Noir, on a commencé à vous demander pourquoi cela ne figurait pas dans le manuel scolaire.

Les éducateurs qui travaillent avec la thématique afro-brésilienne, ont également renforcé le besoin latent de soustraire à l’invisibilité les références qui peuvent inspirer les jeunes noirs encore discrédités de leur potentiel par le manque de représentativité.

Il n’existe pas d’élite noire brésilienne, ce qui existe ce sont des personnes qui arrivent dans des espaces de formation et vous devez être conscients du long chemin à parcourir avant que la population noire n’atteigne le pouvoir politique, économique et intellectuel au Brésil.  Elle a souligné l’importance de prendre conscience de votre parcours et de votre responsabilité collective. Pour Ferreira, vous êtes encore loin d’un processus d’égalité d’accès aux lieux de pouvoir.

On admire le travail du consul et sa trajectoire militante depuis la France, c’est une femme forte et éclairée. Sa présence auprès des jeunes noirs est importante, car elle se fait de manière à ce que chacun offre le meilleur de lui-même au collectif. Le Consul a montré sa volonté et son intérêt à faire partie des différents mouvements qui y étaient représentés.

L’équité est le nord pour le développement de la citoyenneté. La diversité est créative, équitable et puissante. La complicité du travail accompli par toutes les personnes présentes pouvait être ressentie de loin. La conscience de savoir que vous occupez des espaces jusqu’alors ni autorisés ni atteints par les personnes noires a fait de ce moment un grand partage d’idéaux accomplis, sans perdre la volonté de suivre le chemin de ce long voyage. Pour l’organisateur, la réunion était très importante. La conversation a dépassé le partage d’histoires pour devenir une reconnaissance du groupe. On croit au proverbe africain qui dit : seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.

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